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Appel de l’Université « Pensée libre » : fin de la répression de la presse et du monopole de l’Etat sur l’audiovisuel public

Thursday 23 January 2014, by e-Joussour

Nous, journalistes participant à l’Université «Pensée libre », organisée par l’Association marocaine des droits humains (AMDH), du 16 au 19 janvier 2014 dans la ville de Khémisset,

Conscients de l’importance du rôle de la profession de journaliste et de la responsabilité sociale et éthique du journaliste qui consiste à éclairer et informer les citoyens et contribuer à donner à l’opinion publique le pouvoir de contrôler et demander des comptes aux responsables, nous notons avec inquiétude :

1. le déclin de la liberté d’opinion, d’expression et de la presse dans notre pays et la recrudescence des restrictions que l’Etat fait subir à l’ensemble de la profession journalistique, à travers une série de mesures qui comprend en particulier :
- l’interdiction d’exercer le métier de journaliste et l’interdiction de publication qui frappe un ensemble de journaux, sur la base d’une simple décision administrative ;
- la provocation des faillites financières et le recours à des amendes astronomiques pour mettre à genoux certaines publications, ce qui a obligé des journalistes professionnels et indépendants comme Aboubakr Jamai, Ahmed Reda Benchemsi, Ali Amar, et d’autres, à s’exiler à l’étranger, ce qui prive le pays de leur talents et constitue une perte pour le journalisme sérieux, compétent et indépendant dans le pays ;
- la poursuite judiciaire et l’emprisonnement de certains journalistes, le dernier en date étant notre confrère Ali Anouzla, pour qui les autorités ont fabriqué des accusations fallacieuses et qui demeure à ce jour inculpé de terrorisme et risque une lourde peine de prison ;

2. l’absence d’une structure syndicale démocratique qui représente réellement la volonté des journalistes, défend leurs intérêts, renforce leur unité et leur solidarité et défend aussi la liberté de la presse, d’opinion et d’expression. Une telle structure devrait aussi avoir vocation à jouer le rôle de garant de l’éthique professionnelle.
En conséquence de quoi, nous lançons un appel afin que :
- les journalistes assument leur responsabilité historique et morale pendant la phase délicate que vit notre pays, en raison du rôle de leur profession dans l’édification de la démocratie et le renforcement des fondements de la citoyenneté ;
- soit surmontée la dispersion actuelle du corps de la presse, par la création d’un nouveau cadre sérieux, indépendant et démocratique qui représente les journalistes, défend leurs droits et protège les règles et l’éthique de la profession, ce qui permettra à cette dernière de contribuer à l’élévation du niveau du débat public et au renforcement des valeurs de la citoyenneté;
- les autorités cessent de monopoliser les médias publics, pour qu’ils assument enfin leur véritable rôle de service public, diffusent la pensée libre, à travers :
* la promotion des enquêtes journalistiques dans les médias publics et le respect de l’indépendance éditoriale totale des journalistes professionnels, pour qu’ils puissent dénoncer la corruption, la tyrannie, l’abus de pouvoir et abordent sans crainte les thèmes qui intéressent l’opinion publique nationale ;
* la mise à niveau de la qualité professionnelle des programmes et le respect des normes universelles des droits de l’homme, tout en veillant au développement du goût du public ;
- soit formé un front démocratique national, composé de défenseurs des valeurs de la citoyenneté et des droits humains, de l’égalité et le rejet de la discrimination, pour préparer un plaidoyer visant la démocratisation des médias publics afin de permettre son ouverture de façon équitable et démocratique sur tous les courants de pensée et d’opinion et toutes les sensibilités politiques;
- les journalistes soient associés dans la préparation d’un Code de l’édition et de la presse qui réponde aux normes internationales sur la liberté de la presse et de l’édition;
- soit assurée l’indépendance du pouvoir judiciaire et la création de juridictions spécialisés dans les affaires de l’édition et du journalisme, dont les magistrats doivent bénéficier en permanence de la formation continue en matière des médias;
- soit assuré le respect par l’Etat de ses obligations internationales en matière de droits de l’homme, y compris la liberté de la presse, d’opinion et d’expression et le droit d’accès à l’information.

Khémisset, 19 janvier 2014


SOURCE: http://www.e-joussour.net/node/13300

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